Et si votre cerveau vous disait qu’un danger menace… alors que vous savez pertinemment qu’il n’y a rien à craindre ?
Une phobie, c’est quoi exactement ?
Une phobie, ce n’est pas une simple peur.
C’est une peur démesurée, irrationnelle et qui dure dans le temps.
C’est un peu comme un faux-incendie : le cerveau lance l’alarme stridente et le corps cherche à se protéger. Pourtant, il n’y a pas de feu… il n’y a qu’une bougie LED devant vous.
Une phobie peut concerner aussi bien des objets, des animaux que des situations.
En France, 1 personne sur 10 vit (ou a vécu) avec une phobie spécifique (La Revue du Praticien, 2019).
Cela concerne un peu plus souvent les jeunes femmes.
L’âge moyen d’apparition des phobies est bas : 8 à 10 ans, mais elles peuvent apparaitre à tout âge.
Un ressenti totalement personnel
La plupart des personnes phobiques sont capables de dire qu’elles savent que leur peur est complètement irrationnelle.
C’est comme ça que certaines personnes sont vraiment et réellement handicapées quotidiennement par leur phobie.
Comment agir ?
Avec l’hypnose, on peut complètement venir modifier le rapport de la personne à sa peur en faisant diminuer sa réaction automatique.
Ça revient à remettre une forme de contrôle là où il n’y en avait plus.
Et comme deux cas concrets valent mieux qu’un long discours, je vous propose l’histoire d’Amélie qui était arachnophobe et celle de Tom qui avait peur des aiguilles.
Amélie et les amies aux pattes velues
J’ai reçu une cliente, Amélie (prénom modifié), dans la vingtaine. Elle se décrit comme phobique des araignées depuis toujours.
Cris, hurlements, impossibilité de dormir dans la pièce après avoir vu une araignée dans sa chambre… Un accident évité de justesse en voiture dans laquelle une araignée s’était auto-promue copilote.
Elle doit partir en Guyane pour le travail pendant plusieurs semaines. Et là-bas, ce ne sont pas les mêmes araignées…
On se voit une fois en cabinet pour travailler des techniques de relaxation et apaiser sa réaction excessive.
Un peu de temps passe et elle reprend rendez-vous, en visio cette fois.
Depuis la Guyane, elle me raconte qu’avant de partir, elle passait une soirée avec ses parents et à un moment, à table, elle a râlé à sa mère : « Roh, t’as vu, t’as une araignée là-bas. »
Râlé. Pas hurlé, pas fui. Amélie a exprimé un dégoût (lequel était ok pour elle) et mieux encore. Sa mère lui a demandé : « Mais ? Tu ne pars pas ? »
Elle me dit s’être d’abord sentie bête parce qu’elle ne s’était pas rendu compte qu’elle n’avait pas eu peur avant d’avoir été contente d’elle.
Elle m’explique qu’elle a toujours une appréhension si jamais elle venait à voir une araignée en balade ou dans son appartement.
C’est ce que nous travaillons et au terme de cette séance, Amélie en avait fini avec sa phobie.
Tom et la peur des aiguilles
Tom (prénom modifié) est un adolescent de 16 ans ; il a eu quelques pépins de santé et a dû recevoir piqûres et prises de sang.
Plus le temps passe, plus il grandit et devient fort. La dernière fois qu’on a dû lui faire une injection, ça a été tellement compliqué que les soignants lui ont dit qu’ils allaient devoir l’attacher.
Il sait que c’est pour son bien, qu’il réagit bien (il n’a jamais fait de malaise, n’a jamais été malade après un vaccin…) mais ça le dépasse. Il stresse avant, il panique pendant : ça le submerge.
Pour lui, la seringue n’est pas problématique, l’aiguille non plus, les autres piqûres d’insecte ne le sont pas particulièrement.
Il finit par me décrire que c’est le contact du bout de l’aiguille contre la peau le problème. Avant, c’est horrible de l’imaginer et plus le contact approche plus l’intensité évolue et il sent qu’il devient incontrôlable. Une fois que l’aiguille a piqué la peau, c’est bon, l’intensité diminue déjà.
Au cours de cette séance, Tom a réussi à apaiser son rapport à sa peur, et à se dire avec certitude que tout allait bien se passer.
On se revoit 1 mois plus tard pour une nouvelle séance : le ressenti anxieux est vraiment bas (voire à zéro). Il décide de vivre une confrontation sous hypnose et réagit très bien.
La séance est véritablement courte alors je lui ai proposé, ainsi qu’à sa mère, présente avec l’accord de Tom, d’apprendre à s’auto-anesthésier pour éliminer toute appréhension.
La séance s’est terminée ainsi : Tom se tenait le poignet pour endormir sa main. Sa maman est venue le pincer et Tom ne sentait rien du tout.
Mission accomplie pour lui !
Votre phobie, ce n’est pas la vie
Votre phobie, quelle qu’elle soit, n’est pas une fatalité.
Ce n’est pas non plus un manque de volonté.
C’est une réaction anxieuse qui s’est installée… et qui peut être modifiée.
Ça ne veut pas dire aimer l’objet de votre phobie : vous n’apprécierez toujours pas les piqûres, les araignées seront peut-être toujours moches pour vous…
Mais simplement, vous aurez repris le contrôle sur les réactions démesurées que vous aviez.
Et ça, souvent bien plus vite que vous ne le pensiez.
Aujourd’hui, Amélie voyage en Guyane. Tom se fait vacciner sereinement. Et vous, quelle liberté retrouveriez-vous ?
Sources
Photo de Melanie Wassersur Unsplash
Photo de Saif71.comsur Unsplash



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